Pouhiou adore parler
Le 24 octobre 2019 | 0 Commentaires

Un roman blogué en direct ? Pourquoi ?

Au départ je me suis lancé un défi. #performance. Écrire cinq jours par semaine, comme un quelconque salarié. Le bon vieux principe du roman-feuilleton. Un roman publié sur un blog, en direct. Un épisode par jour, 4 jours par semaine. Le cinquième jour on fit le point avec les lecteur-trice-s… Deux semaines (8 épisodes) forment un chapitre. Jamais je n’aurais cru qu’écrire puisse ressembler à de la course de fond ! 64 épisodes et 4 mois de partage sur www.noenaute.fr ont formé un roman.

Gay & Geek friendly, si c’est pas militant, c’est quoi ?

C’est la vie ! Quand tu écris en direct, tu fais feu de tout bois. Je me suis inspiré du monde qui m’entoure. Si tu discutes vraiment avec ton entourage, ta famille, tu vas en rencontrer du Don-Juan-gay option ma-meilleure-amie-est-ma-maîtresse, des trav-queer ratés à faire hurler toute personne transgenre qui se respecte, des hétéros-mais-pas-trop qui ont eu « des expériences » ou « des fantasmes »… Jouer la confusion des genres, c’est au final très commun.

Du coup, mon roman va plus choquer les geekophobes que les homophobes. Entre la mamie provençale qui est aussi bien tricoteuse que hackeuse, le spécialiste des arts martiaux qui se shoote au Ça M’Intéresse et le héros râleur qui vit tout comme dans un film… J’ai dû traduire un maximum de leurs références et de leurs #privatejokes dans les notes de bas de page !

Et tu comptes aller loin, comme ça ?

Aussi loin qu’un des plus vieux livres au monde ! Le Yi King est un livre de sagesse chinois qui répertorie les situations du monde en 64 hexagrammes. Un hexagramme, ça correspond un peu à une arcane dans notre tarot de Marseille.

Je me suis amusé à imaginer que chaque hexagramme me raconte ce qui se passerait dans chaque chapitre. Ce procédé m’a donné une construction solide pour mon roman. Ainsi, je découvrais où l’intrigue nous menait en même temps que tout le monde.

Les huit premiers hexagrammes m’ont inspiré les huit chapitres qui forment #Smartarded. Le but est, à terme, d’écrire les 8 livres que devrait comporter le Cycle des NoéNautes.

C’est un livre ou un blog en papier ?

L’objet qui résulte de ces 4 mois d’expériences bloguesques a la chance de pouvoir se positionner à la croisée des chemins. Entre le roman-feuilleton et le recueil de blog. Comme si un livre numérique remontait son arbre généalogique pour se coucher sur des feuilles de papier.

Il y a aussi une écriture pensée par et pour le numérique. Car c’est un personnage (Enguerrand) qui blogue ses mésaventures. Du coup, son style emprunte des techniques de web-rédactionnel pour rythmer les épisodes. Avec des #hashtags, des références et des jeux sur l’actualité. Pour transcrire cela dans l’édition papier, nous avons joué avec des notes de bas de page, des addenda à la fin des chapitres…

Tu parles souvent des lecteurs… Mais qui a lu ce blog ?

En quatre mois de publication sur www.noenaute.fr (et avec uniquement du bouche à oreille social), il y a eu 2000 visiteur-euse-s uniques, 3700 visites, 10900 pages vues. Le plus intéressant à été de voir que les lecteur-trice-s choisissaient un lien direct pour m’interpeler. Google +, Twitter, Facebook, des forums… J’ai la chance de ne pas être célèbre : du coup j’ai un rapport personnel avec chaque lecteur-trice.

C’est ainsi que j’ai eu la surprise de me découvrir deux publics types : le #geek qui aime l’humour de Les Nuls et qui lit du Braguelonne. Et, les #JeunesMamans qui procrastinent sur Facebook. Elles se sont révélées êtres mes meilleures représentantes ! Car ce sont bien les lecteur-trice-s qui ont promu ce blog/roman.

À propos d’un auteur
Pouhiou Style:

Avec pour ambition de devenir le pseudonyme le plus ridicule de la blogo-culturo-scénico-sphère francophone, Pouhiou place la barre haut. Tricoteur de mots, il aime à parsemer ses écrits d’un humour cynique appelant à la réflexion… Ce comédien repenti a commencé par écrire pour jouer. Un scénario de court métrage. Deux pièces de théâtres. Ces comédies (déjà écrites sous licence creative commons) ont bien tourné, et leur écriture s’est faite remarquer sur les scènes de Toulouse et d’ailleurs. Puis l’envie d’écrire a pris le dessus sur l’envie de jouer. Cependant il existe une vraie continuité. Tous les écrits de Pouhiou se déroulent dans le même univers. Un monde dont les personnages s’entrecroisent, se répondent. Le cycle des NoéNautes est la dernière émanation de l’univers si personnel de ce jeune auteur toulousain.

Pouhiou

  1. Cheerioh

    La première chose qui m’a intéressée chez ce jeune auteur, c’est la démarche de publication: une écriture sous forme de blog (que je n’ai découverte qu’ensuite), un partage plus intense avec le public qu’un livre ordinaire.
    Au premier abord, j’ai été un peu déroutée par la forme au langage à la fois travaillé et familier, par le recours aux hashtags pour tout commenter (au départ ça me hérissait le poil) et par l’explication de texte fournie après chaque chapitre. Mais en fait je me suis faite happée par l’histoire. Finalement on attend surtout d’un livre qu’il nous raconte une chouette histoire et là on est servis. Et puis progressivement, sans doute grâce aux explications un peu énervantes au départ, j’ai mieux compris la forme et j’ai réussi à mieux l’accepter. A l’arrivée je pense qu’on peut dire qu’elle sert très bien le texte.
    L’histoire est originale, amusante, avec des personnages hauts en couleur et sans concessions. Enguerrand, le personnage principal, n’est pas toujours sympathique mais, après tout, c’est un emmerdeur professionnel. On attend les rebondissements mais on reste surpris du tour que prend l’histoire et notamment pour moi des usages particuliers que les personnages font de leurs pouvoirs associés à des huîtres. Ce n’est pas seulement une histoire à tiroir avec plusieurs angles de lecture, c’est aussi une histoire qui nécessite des retours en arrière, des bascules en avant, des ruptures narratives.
    Et puis c’est drôle, pas au sens de bonnes blagues qui font éclater de rire mais plutôt parce qu’on est surpris de ce qu’il fait des éléments de son récit.
    Bref, c’est moderne, résolument dans son époque et franchement sympa à lire. La démarche seule m’avait incitée à découvrir le récit et je ne suis pas déçue. C’est un plaisir de savourer l’expression d’une imagination débordante dans tous les sens du terme (et, oui, un peu comme un chiot un peu fou).

  2. Caco

    Voilà un livre comme je les aime: dynamique, moderne, sans retenu dans les mots et le rythme, plein d’originalités !! Une initiative originale qui nous tient en halène !!!

  3. yeKcim

    Enguerrand est un ingêneur, un consultant en connardise, un mec qui est payé pour concevoir les ouvertures faciles qui s’ouvrent pas, les ralentisseurs qui sont très chiants à prendre ou tout autre système qui pourrit la vie de tous les jours. Suite à un accident, il développe un pouvoir de suggestion très développé, il peut modifier la mémoire et ce que ressentent les gens dans la noétie, la sphère des idées. S’en suivent alors des bastons entre personnes qui, comme lui, sont NoéNautes…
    Pouhiou met dans ce livre, plus de références que Tarantino dans ses films, c’est pas peu dire ! C’est amusant et en tant que geek j’apprécie de constater que j’ai approximativement toutes les références, ça change de Vian.
    Le style littéraire est simple, un peu trop peut-être. J’ai aimé certaines idées, ne serait-ce que les ingêneurs, j’ai à peu près adhéré à l’idée de la noétie également, par contre les maisons qui s’affrontent et quelques autres trucs ne m’ont pas du tout convaincu. C’est surtout l’overdose de rebondissements genre « ah ah, vous ne l’aviez pas vu venir, tout était prévu dans mon plan depuis le début » qui a fini par me lasser… Dans l’ensemble, je ne suis pas convaincu, mais j’en suis déçu…

  4. picus13

    Si je n’avait qu’un mot pour décrire, je choisirai WTF (clin d’oeil à ce livre et a son auteur).
    Ce roman-fiction (si c’en est bien une ^^), truffé de référence à la culture Geek, parsemé de hashtags, de private joke, et tant d’autres élément provenant de la culture internet. Ce qui donne un bonus de plaisir, à découvrir ou redécouvrir les allusions diverses de ce livre.
    Certes l’écriture est un peu déroutante, mais au fur et à mesure du livre, on commence a s’y faire, et même se faire surprendre à apprécié le style. L’Auteur a donné beaucoup de lui dans ce livre, ce qui donne une certaine identité à cette oeuvre -qui avant d’être édité comme livre, était des billets tiré d’un blog-, nous sommes donc projeté comme lecteur actif, et donc plus ou moins acteur, car souvent pris à parti par le personnage du livre, cela rend le livre vivant.
    Entre clin d’oeil à Tarantino et Chuck Palahniuk, nous suivons les aventures d’un jeune homme (#niarkniark) nommé Enguerrand, qui suite à un accident se découvre des pouvoirs de télépathe – appelé NoéNautes -, Et dans cette ascension, nous avons le plaisir de découvrir le monde de la noétie, des personnages aussi curieux que loufoques (#MadameM #Orion), un narrateur un brin machiavélique, mais bref je n’en dis pas plus, je vous laisse découvrir cet ouvrage qui ne nous laissent pas indifférent.